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Tu       es       la       première

Tu     trônes    dans     mon     cœur

Comme       la      tour      de       lumière

Chaque    jour    prend    de    la    grandeur*

Tu     es     là     en                       Lettre      capitale

Moi     je   t  ’  écoute                       Je t’écris des lignes

Je n’ai pas plus le  choix                      Des    cartes    postales

Les souvenirs me coûtent                      Des     billets     insignes

Et    J ’ ai    dans    l ’ échafaudage    lourd    de    la    tour    Eiffel

Gravé       en      gros      mon     Amour      où     demeure      l   ’   Eternel

J’ai   essayé   de   faire   le   grand                    Ecart      entre      mes      désirs

Envers  toi   et   les  autres  femmes                    Et    mes    accès     de     pénitence

Pour   lesquels   j ’ allais   en  pensant                   A  travers  des  chemins  de   plaisirs

Le   chevalet   le   sextant   dans   l ’  âme                  Avec  pour  tout  la même véhémence**

Puis je me suis détourné de mes exercices                   J    ’    ai     succombé    à    tes     artifices

Et     abandonné      mes     muses     factices                Dont  les  seules  gloires sont mes cicatrices



* douleur, couleur

** innocence

 

 



 

 

 


 

L’érotisme, la douceur d’une mère qui allaite,

La Blancheur dévoilée où coule la blancheur délectée

Contre l’avidité du nourrisson qui tète…

 

Les petits chaussons au duvet plumeux et roses

Au pied du lit où sommeille la jeune fille assoupie

Qui combat sans mouvement la fièvre qui l’arrose…

 

Le papillon dont l’aile fébrile et poudreuse

S’accroche et se déchire puis qui dans l’air chavire…

- Longs flottements et chute vertigineuse.

 

O enfant fragile, la deuxième, la câline,

Reste près de ton grand frère ou dans les bras de ton père…

Car ils te protégeront des autres lettrines !

 

 

 

 

 



 

 

 

 

L’aCné du ciel obscur

 

Renfermé dans quelque activité nocturne,

Comme le point noir sur le front d’un adolescent,

La lune préfigure dans un ciel taciturne

Une nuit tavelée de grains phosphorescents.

 

Et deux à trois nuages en coton d’argent

Maquillent cet abcès qui tel un affreux ver,

Incrusté dans la peau ébène du firmament,

Remue sa face blanche, la tête à l’envers.

 

Les étoiles purifient comme un soin lacté

Le visage obscur saupoudrée de fard

Et les montagnes aux épines de cactées

 

Sur lesquelles se perfore le bouton blafard

Dégouline d’un liquide gras et luisant

dont s’emplissent les rides arides des champs.

 

 

 

 

 



 

 

 

La C n’est pas une fêtarde

 

La lune passe les nuits à la belle étoile

Et a pour couverture des nuages fuyants.

Toutes ces constellations de danseuses à voiles

Sautillent autour avec leurs bracelets bruyants.

 

Et les ballades des planètes somnambules !

Et les comètes qui ne s’attachent pas les cheveux !

Et les ballets de ballerines noctambules !

Et la météorite s’écrase où elle veut !

 

Pourquoi elle - le beau satellite - doit subir

Toujours le vacarme de voisins trop festifs ?

Ont-ils droit tous ces tapageurs intempestifs

 

D’être des astres sans qu’elle n’ait mot à redire ?

Elle peut bien avoir - elle - le regard rancunier,

le teint blême avec tout ceux qui la font chier !

 

 

 

 

 



 

 

 

Je l’aDhorre

 

O alphabet, si je devais choisir parmi toutes tes lettres,

Je laisserais tes voyelles colorées au poète.

Mais si tu me laissais le choix, de toute manière,

Je garderais tes consonnes pleines de caractères.

Et si je devais emporter des petits morceaux de toi,

Je la prendrais elle - tout entière - rien que pour moi

Ainsi que ces deux suivantes aux belles jambes qui s’opposent

Et autour desquelles oscillent les questions que je me pose.

O je sais, ô alphabet, quelle peine tu endurerais

Si, ne serait-ce, de la plus petite capitale je t’amputais !

Alors je n’en ferai rien mais pour qu’elle s’y fasse

Je t’emprunterai une seconde un de tes signes et, en face,

Je lui dirai que je l’abhorre avec un grand D.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Petit coquillage nacré,

Montre ton antre spiralé

Où résonnent encore les antiques échos

Des glorieux chants de guerre des galériens halés

Dont les avirons en cadence frappaient l’eau.

 

O grand mammifère marin,

Rorqual, baleine ou dauphin,

Remonte à la surface agitée par les vents

Et crache sur les chaluts chargés ton salin

Contenu propulsé par ton puissant évent.

 

Poisson chatoyant des récifs,

Frotte toi aux coraux lascifs,

Aux anémones aux doigts rouges et urticants

Et glisse entre les dents du harpon du natif

Qui exploite l’iode et nourrit ses enfants.

 

Céphalopodes mystérieux,

Poissons abyssaux lumineux,

Vers fluorescents qui dans le néant ondulent,

Crustacés albinos aux pattes de faucheux,

Hantez les esprits turbides qui affabulent

 

Et libérez le télamon

Qui supporte les pieds du pont

Sous lesquels s’écoulent l’eau de son fardeau -

Larmes roulant sur ses joues, sueur de son front,

Liqueurs salées de son corps minéral et beau.

 

Qu’il retrouve son Atlantide,

Neptune, le dieu génocide,

L’être mythique au trident – sceptre marin – !

Qu’il rejoigne les animaux sirénoïdes

tel le dugong indien ou le lamantin.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

bleu des golfes clairs

 

Sur l’onde claire d’un récif, danse mon prao

Creusé dans le tronc d’un de ces arbres endémiques

Qui sécrètent tant d’huiles généreuses et exotiques

Dont se parfument les belles indigènes en paréo.

 

Au bout de ma gaffe une raie ondule et ruisselle.

La peau dorée, l’œil brillant, je contemple ma victoire

Et l’atoll est ma couronne ornée de roches noires,

De palmiers, d’autres essences rares et éternelles.

 

 

 

 

 



 

 

La forêt de feuillus est épaisse et les clairières clairsemées de pétales. Comment ne pas se perdre dans ce gruyère végétal ?

 

La nature froufrouteuse dissimule sous un épais et chlorophyllien couvert la douceur des feuilles de cistes, la fraîcheur du tapis moussu du vieux chêne et la fragilité de l’orchidée des bois. Est-ce une fée scintillante qui fait apparaître tout ça sous nos pas ?

 

Et les arbres creux cachent – eux aussi - en leur cœur des bruits mystérieux de feuilles foulées, des échos lointains de chores de chasse à cour et des crépitements de fabuleux festins d’été ou de bûchers cathares. Les esprits de la nature aux yeux vairons, ces petits lutins de Miyasaki sautillants et hochant la tête, font-ils vraiment un cliquetis bizarre ?

 

L’herbe coupée par l’animal brouteur, la litière retournée par le sanglier fongivore, la terre arrosée par une giboulée d’été mêlent leur odeur à celle de la myrte, de l’eucalyptus et de l’urine du cerf qui brame. Doit-on sentir dans ce bouquet la présence d’une belle dryade ou d’une vile sorcière sans âme ?

 

Les elfes ne meurent-ils pas noyés dans une goutte de rosée les premiers soirs d’automne ?

 

 

 

 



 

 

 

La langue rose, bleue, rouge, jaune tour à tour,

L’œil coquin, tu fais le pitre devant ton monde ;

Et tu bourres à nouveau ton tout petit four

De bonbons pris pêle-mêle et qui abondent

En frac dans une boite en forme de gibus -

Des car en sac, des bananes, des michoko,

Des nounours, du réglisse fourré, des dragibus,

Des fraises tagada, d’énormes marshmallows…

Pleurnichard si il le faut - Tout t’appartient

Et qu’importe la saleté de tes deux mains !

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Dans la cour de récré, je me rappelle des billes

Et de ma grande fortune en ce domaine :

Chaque matin, je partais de rien pour rentrer

Le soir, ravi, alourdi et les poches pleines.

 

Mes parents ne m’achetaient ce genre de bêtises

Contrairement à d’autres qui revenaient fiers

Et qui méritaient assez qu’on les dévalise

De leurs nouvelles acquisitions bien éphémères.

 

On n’était qu’une poignée de petits goldens boys

Qui fixaient les courts d’une agate, d’un calot

Ou de la perle rare, la dernière Roll Royce ;

 

On s’arrangeait pour s’approprier le gros lot.

Puis plus tard je léguai ma fortune aux voisins

qui perdirent aussi sûrement tout le butin.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Toi que l’on peut mâcher comme toutes les lettres,

Qui garde son η chez nos pères helléniques,

Ou même à la prononciation disparaître,

Pourquoi se travestir en un N cyrillique ?

 

Toi qui sais chanter sur des airs allemands,

Qui se coupe au henné, à la paraffine,

Qui se dit « i » en grec, pourquoi maintenant

En bombe remplacer la vieille carabine ?

 

Toi qui t’affiches en gros au bout des terrains,

Ne te sens-tu pas mégalo dans le stadium

De rugby ou de football américain

Quand la clameur s’élève comme un te deum.

 

H, ô belle lettre qui attise les sens -

Inhalée sur les lèvres, roulée sous la langue,

Interdisant les liaisons qui n’ont d’élégance :

On aspire ton jus comme celui d’une mangue.

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Hasard

 

J’entends trop souvent dire qu’il faut savoir saisir

Toute opportunité que la vie nous offre,

Que le ciel nous envoie des présents, des plaisirs

Qu’il faut garder dans notre cœur comme dans un coffre.

 

Mais j’ai nulle envie de quelque cadeau, de dons,

de mendier, de pleurer ou de le prier Lui

Pour une lettre d’amour sans parfum ni prénom

Pour un instant de bonheur noyé dans l’ ennui…

 

Je ne veux pas espérer, compter sur la chance

Ou croire aux miracles ou en l’astrologie

Et m’émerveiller devant des coïncidences

 

Que le heureux hasard dépose par magie.

Je préfère passer mon existence à souffrir

Plutôt qu’attendre un grand moment à venir.

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Un papier plié

 

Aujourd’hui, j’ai trouvé tout au fond d’un tiroir

  Plein de poussière dans un vieux meuble en bois

  Ce que j’ai cru être une lettre bizarre -

  Soigneusement repliée en au moins huit fois.

 

 

Je ne saurais dire pour quelle raison j’ai humé

  Ce mystérieux papier sans autre examen

Et quelle a été la surprise pour mon nez

De sentir s’émaner cet envoûtant parfum.

 

Je l’ai déplié comme pour lever le mystère

D’un amour d’écolier - perdu ou oublié -

Dans lequel se cachent des remèdes amères.

 

La feuille était vierge et mon plaisir gâché !

Jamais je ne retrouverai - ô désespoir ! -

Les mots doux et « je t’aime » des passions notoires.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Les chaises

 

On est lâche, un peu comme cette chaise plastique

Qui se range, qui se plie et où on s’assoit.

Tout le monde la trouve bien belle et pratique

Et l’ouvre puis la ferme quand il ne faut pas.

 

On est lâche au jeu des chaises musicales

Et qu’on oublie combien d’hôtes on a chassé

Pour avoir une place et on n’a pas mal

De prendre l’air suffisant d’en avoir assez.

 

On est lâche quand on laisse la chaise vide,

Qu’on doit supporter les responsabilités,

Endosser les torts et qu’on est cupide

Au point de voler aux gens leur humilité.

 

Mais comment peut-on être aussi lâche que moi

Car comme pour le montage d’une chaise en kit,

Par renoncement, je repousse à chaque fois

Le dur moment de te dire que je te quitte.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Gâchis

 

Aujourd’hui je ne suis pas fier de te dire

Que si notre histoire est un gros gâchis

C’est seulement de ma faute et sans mentir

J’aurais aimé que mon cœur ne soit du hachis.

 

Je n’ai rien négligé pour faire tout foirer :

J’avais le choix pourtant de sacrifier ma vie

Pour toi, de faire semblant d’aimer, de moirer

Nos petits désaccords, d’oublier mon avis.

 

J’ai cru que je surmonterai mes vieilles histoires

Avec une fille d’une intelligence parfaite.

Mais tes qualités ne me sortent du mouroir

 

Comme la colle ne répare le vase en miettes.

L’amour est passager, la souffrance éternelle

Et je souffrirai à cause de toi comme pour elle.

 

 

 

 

 

 


 


 

Je me suis toujours laissé porter par les flots

Et maintenant je suis posté sur le rivage,

Je regarde l’horizon comme l’Eldorado,

La mer comme une autre raison de naufrage.

 

Je n’ose plus me mettre à nouveau à l’eau,

Ramer à jamais sur l’océan du ratage

Pour atteindre le bout d’un rêve idiot

Et m’apercevoir enfin du pauvre mirage.

 

Plus j’y pense, plus je doute de mon radeau.

Comment trouverais-je la force voire la rage

de nager, de garder la tête hors de l’eau ?

 

Je me convaincs que seul me convient cette plage

Pour m’éviter de quitter ma place au chaud

Et de me retrouver sans même un maillot.

 

 

 

 


 

 

 

 

Je me souviens

 

Je me souviens du temps pas si lointain

Où on passait nos étés sur la plage,

Où j’attendais le même lendemain

Avec une impatience sauvage.

 

On jouait sur le sable fin et jaune,

On nageait dans les vaguelettes d’eau claire

Parmi les posidonies et leur faune

Jusqu’au ponton flottant entre les airs.

 

Je ne me lassais de tous ces moments

Où tu sortais de la mer ruisselante

Où tu essorais en un mouvement

Ta si belle chevelure ondulante.

 

Je retourne quelque fois me plonger

Dans ses souvenirs salins et solaires

Et j’attends des heures allonger

Sur les rochers près de l’embarcadère.

 

Mais il n’y a à voir que le fort Vauban

De la grande île sainte Marguerite

Car sur la plage il n’y a que des gens

Et un sauveteur seul dans sa guérite.

 

 

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